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BAYONNE .

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en Andoulasie à cause de son éloignement des troupes françaises , enAragon à cause de l’esprit national de cette province frontière, dansles Asturies à cause d’un vieux sentiment d’indépendance propre àcette région inaccessible. Là le sentiment des gens éclairés était vaincupar le sentiment du peuple, moins touché par les considérations poli-tiques que par l’attentat commis contre une dynastie nationale. Dansces provinces on n’avait ni pu ni osé nommer des députes à la juntede Bayonne. Le gouvernement de Madrid y avait suppléé en les nom-mant lui-même. Quelques-uns, bien que portés à se rendre à Bayonne ,craignaient toutefois d’y aller; car il y avait une idée qui commençait àse répandre universellement : c’est que quiconque faisait le voyage deBayonne n’en revenait plus. Une sorte de terreur populaire et super-stitieuse s’ôtait emparée des esprits. Les troupes qu’on avait vouludiriger vers les Pyrénées , et notamment les gardes du corps, avaientobstinément refusé d'obéir; ce qui était fâcheux, car c’étaient autantde forces laissées à l'insurrection. Napoléon, averti par Murat de cettedisposition des esprits, avait renvoyé pour quelques jours MM. deFrias, de Medina-Celi et quelques autres personnages considéra-bles, afin de montrer qu’on pouvait revenir de Bayonne quand on yétait allé.

On touchait à la fin de mai, et l’esprit public s'altérait visiblementen Espagne , surtout par le retarda proclamer le nouveau roi. Muratdemandait avec instance qu’on en finit, pour décider d’abord unequestion qui n’avait pas cessé de le préoccuper beaucoup, et ensuitepour prévenir une plus grande altération dans les sentiments des Espa-gnols . Napoléon, qui devinait parfaitement les motifs personnels deson beau-frère, et qui ne pouvait pas faire arriver plus tôt la réponsequ’il attendait de Naples , lui avait écrit de la manière la plus dure;et Murat, agité de mille soucis, de mille espérances, tour à tour con-çues ou abandonnées, bourrelé par les reproches injustes de Napoléon,avait fini par succomber tant au climat qu’à ses propres émotions. Ilavait été atteint d’une fièvre presque mortelle, qui mettait ses joursen péril, et persuadait aux basses classes que le lieutenant de Napoléonvenait d’être frappé par la Providence. Ce n’était pas un médiocreinconvénient que cette superstition populaire, et cette subite dis-parition de l’autorité du lieutenant général dans les circonstancesactuelles.

Enfin Napoléon apprit, dans les premiers jours de juin, après troisvm. 18