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BAYONNE .

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présence de Napoléon, Joseph, par beaucoup de prévenances, et l’é-talage de quelques connaissances acquises à Naples , sut plaire etinspirer confiance dans sa capacité. Bientôt, comme la servilité estcontagieuse, la plupart des Espagnols appelés autour de lui se mirentà vanter ses vertus, même à y croire. Les ducs de San-Garlos , del’Infantado, del Parque, de Frias, de Hijar, de Castel-Franco, lescomtes de Fernand Nunez, d’Orgaz , le fameux Cevallos lui-même, siennemi des Français , avaient déjà été conduits à penser que l’intérêtbien entendu de l’Espagne voulaitqu’on se soumît à la nouvelle dynastie,ce qui était vrai assurément. MM. O’Farrill, ministre de la guerre, d’A-zanza, ministre des finances, appelés à Bayonne , avaient été amenés à lamême conviction ; ccqui'dcleur part était beaucoup plus naturel, car ilsn’étaient pas hommes de cour, mais hommes d'affaires,point astreintsà la fidélité domestique, et tenus seulement de chercher en politiquele plus grand bien de leur pays. Pour de tels hommes il ne pouvaitpas y avoir de doute sur l’avantage de remplacer l’ancienne dynastiepar la nouvelle. Après avoir approché Napoléon , d’ailleurs, ils furentpénétrés d’admiration, et oublièrent presque les procédés employés àl'égard de la famille détrônée. Ils promirent de servir le nouveau roi.En attendant l’arrivée de Joseph, Napoléon avait préparé avec lesEspagnols présents à Bayonne un projet de constitution accommodéau temps et aux mœurs de l’Espagne . Il fut convenu que dans un lo-cal, celui de l’ancien évêché de Bayonne , d’sposé pour cet usage, onrassemblerait la junte, reconnaîtrait le roi, discuterait la constitution,pour lui donner les apparences d’une adoption libre et volontaire. Cequi avait été convenu fut exécuté avec une précision toute militaire.Joseph était arrivé le 7 juin. Le 15 , la junte fut convoquée sous laprésidence de M. d’Azanza, ministre des finances de Ferdinand VII ,destiné à le devenir de Joseph Bonaparte , et digne de l’être de toutroi éclairé. M. d’Urquijo remplissait les fonctions de secrétaire. Aprèsquelques discours d’apparat, répétant tous qu’il fallait recevoir de lamain de Napoléon un membre de cette dynastie miraculeuse, envoyéesur la terre pour régénérer les trônes, et que ce membre était JosephBonaparte , on lut le décret impérial qui proclamait Joseph roi d’Es-pagne et des Indes; puis on se rendit auprès de lui pour lui offrir leshommages de la nalion espagnole , dont malheureusement on repré-sentait les lumières, mais non les passions. Après Joseph, on alla visi-i ter Napoléon , et remercier le .puissant bienfaiteur auquel on croyaitdevoir le plus bel avenir.