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NOTES.

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Bayonne : «Surfont qu’on no nous ménage pas le même résultat qu'en Portugal ! »

Ôr, envoyer les Bourbons en Amérique , c’était justement reproduire ce résul-tat. car les Bourbons auraient insurgé les colonies contre la royauté de Joseph, eten même temps les auraient ouvertes aux Anglais , ce qu’il fallait avant tout éviter.

Devant cette objection j’ai été fort perplexe, et j’ai longtemps cessé de croire queNapoléon eût voulu amener la fuite de la cour d’Espagne . Pourtant la facilité defuir qui leur était laissée, l’ordre même de les laisser fuir combiné avec l’épouvanteinspirée de Paris par le départ de M. Yzquierdo, étaient aussi des faits concluantsque je ne pouvais négliger. Dans ce conflit de pensées, j’ai fait une remarque, c’estqu’il y avait à Cadix une flotte française, maîtresse de la rade, et que peut-êtreNapoléon songeait à s’en servir pour arrêter les Bourbons fugitifs . et moralementperdus par leur fuite aux yeux de la nation espagnole. I.es ayant d’un côté poussésà vider le trône pour s’en emparer, il les aurait rie l’autre arrêtés au moment deleur embarquement pour l'Amérique . Cette réflexion a été pour moi un trait delumière, car elle expliquait et résolvait toutes les objections Cependant ce n’étaitqu’une conjecture. Je me suis mis à relire toute la correspondance de SJ. Decrès ,et j’y ai trouvé la circonstance suivante: c’est qu’un ordre chiffré, envoyé à l’amiralRosily , n’avait pu être lu parce que le chiffre du consulat était perdu, et que l’ami-ral Rosily dépêchait à Paris un officier sûr et capable pour recevoir la confi-dence restée impénétrable à cause de la perte du chiffre. Cette circonstance a étépour moi une confirmation frappante de ma première conjecture. Que pouvait si-gnifier, en effet, cette dépêche chiffrée ? L’ordre de sortir de Cadix pour aller àToulon ? Mais cet ordre avait été donné trois ou quatre fois en lettres en clair,c’est-à-dire sans employer la précaution du chiffre. 11 fallait donc que ce fût autrechose, et quelque chose de plus secret encore. J’ai dès lors été certain que ce devaitêtre l’ordre d’arrêter la famille fugitive. Je me suis livré, aux affaires étrangères,à de nouvelles recherches, mais la dépêche ne s’y est pas trouvée. Je n’avais guèred’espoir de la trouver à la marine, où les archives, quoique tenues avec beaucoupd’ordre, ne contiennent presque rien. Néanmoins j’ai fait une tentative, et. contremon attente, j’ai trouvé à la section historique la dépêche chiffrée , heureusementaccompagnée du chiffre, et conçue en ces termes: « Je (c’est M. Decrès qui parle)a ne cherche point à pénétrer l’objet de l’entrée des troupes fran.aises en Espagne ." La seule chose qui m’occupe, c’est qu’ainsi que moi vous avez à répondre à Sa» Majesté de son escadre. Prenez donc une position qui vous éloigne autant queh possible des plus fortes batteries, et qui en même temps puisse défendre la rade« contre une attaque intérieure ou extérieure. Vous avez des vivres qui vousservi-a ront en cas de besoin au mouillage. Ayez bien soin de ne laisser paraître aucunen inquiétude, mais tenez-vous en garde contre tout événement, et cela sans affecta-« tion, et seulement comme mesure résultant des ordres que vous avez de partir.n Placez le vaisseau espagnol au milieu et sous le canon des Français .

n Si lu cour d’Espagnej par des événements ou une folie qu’on ne peut guère pré-n voir j voulait renouveler la scène de Lisbonne , opposez vous à son départ. Laisseza courir l’état actuel des choses autant qu’il sera possible; mais s’il y avait une» crise, ne permettez aucun parlementage avec les Anglais , et jusque-là paraissezn bien n’avoir aucune espèce de méfiance ; mais avisez dans le silence à la sûreté de» l’escadre et à ce qu’exige de votre sagacité et dignité personnelle le service de» Sa Majesté. » (21 février 1808.)

J'ai naturellement éprouvé une vive satisfaction de voir la vérité découverte, eten même temps un vrai chagrin de trouver une vérité aussi fâcheuse , qui du resteétait la conséquence du projet de détrôner les Bourbons

Dèsce moment le projetde Napoléon est devenu évident pour moi D’abord il fautremarquer la date du 21. époque des ordres contenant le plan tout entier : départde Murat, instructions à ce lieutenant, composition de toute l'armée, départ deM. Yzquierdo. départ de M. deTournon... ordres à Junot... On remarquera se-condement la combinaison de cet ordre avec celui de Murat, de laisser partir lacour si elle voulait partir. L’un ne contredit pas l’autre, mais tous deux se com-binent ensemble. Napoléon voulait le départ de Madrid , pour que le trône fût va-cant; mais non le départ de Cadix , pour que les colonies ne fussent point in-surgées.

On voit par quel travail sur les documents les plus authentiques il m’a fallu arri-ver à la vérité; et j’ose dire que lu postérité n’en saura pas davantage, car Napo-