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NOTES.

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Puis les dates concordent pour placer justement cette inconséquence momentanéede Napoléon avec lui-même dans les deux jours où il fut sans nouvelles , après enêtre resté à celle du mouvement de Murat sur Madrid . Enfin, recevant le 50 lalettre du 24, dans laquelle Murat lui apprenait combien tout s’était heureusementpassé, il revint à ses idées accoutumées, approuva tout, et probablement reprit salettre, ou défen lit à M. de Tournon de la remettre, ou fit courir après lui pour luidire de ne pas la remettre, les choses étant changées. Quoi qu’il en soit, il est cer-tain qu’elle ne fut pas remise, car Murat n’en parle pas plus que si elle n’avait pasété écrite, bien qu'il sût par les propos de M. de Tournon que l'Empereur avaitéprouvé contre lui un mécontentement passager.

Ce qui est certain, c’est qu'entre le 24 mars au soir et le 4 avril au soir, M. deTournon alla de Burgos à Paris, de Paris à Madrid ; ce qui suppose qu'il ne s’ar-rêta pas un moment, et ce qui le place à Paris le 29, jour même où il fit varierl'Empereur et écrire la lettre dont il s’agit. Tout s'explique alors, comme on levoit, et c’est la phrase où il est dit que .M. de Tournon remettra la lettre en ques-tion qui, la rattachant à lui, m’a permis, en recherchant ses opinions personnelleset en conférant les dates, de tout éclaircir.

Maintenant comment cette lettre, qui n'est pas au Louvre, est-elle parvenue à lapublicité ? Je l’ignore. M. de Tournon est mort. M. de Las Cases, qui l’a impriméele premier, est mort. Il est possible que M. de Las Cases l’ait reçue de Napoléon ,en preuve de ce qu’il ne s’était pas complètement abusé sur les événements d’Es-pagne . Il est possible aussi qu'elle soit arrivée par quelque dépositaire inconnu etqu’aujourd hui on ne peut plus retrouver.Riais le style et certains détails prouventd’une manière irréfragable que la lettre n’a pas été inventée : d'autres détails éga-lement authentiques prouvent qu’elle n’a pas été remise ; les opinions constatéesdeM. de Tournon . le soin de l’en charger, la rattachent à lui ; les dates la placentà un moment qui dut être pour Napoléon relui de grandes inquiétudes, et la con-tradiction si apparente se trouve ainsi expliquée. Napoléon fut un instantébranlé,dicta les contre-ordres contenus dans cette lettre; puis, rassuré parla nouvelle del’heureuse entrée à Madrid , revint à ses premiers projets, et ne donna pas cours àune lettre qui s’est retrouvée plus tard, et dont on a voulu faire une justification.Elle ne prouve qu’une chose, c'est que l’esprit de Napoléon l'éclairait toujours, tan-dis que ses passions l’entraînaient souvent, et qu’il aurait mieux fait d’écoutcr l’unque les autres. J’ai cru ce point d'histoire important à constater pour l'étude ducœur humain , et j’espère que le public consciencieux reconnaîtra que je me suisdonné, pour arriver à la vérité, des peines que les historiens ne prennent pas com-munément , outre que j’avais des documents qu’ils out moins communémentencore.

FIN DES NOTES.