2W> MOEURS . — GOUVERNEMENT. — RELIGION.
tous se sont lavés dans les nouvelles eaux baptis-males, de nouvelles prières sont récitées; puis oncommence un repas public, et, à l’aurore, on re-vient en procession à la ville, où toute la journéese passe en festins et en réjouissances.
On peut voir, par cette rapide esquisse, que, sile christianisme a subi, en Abyssinie, des défigu-rations nombreuses, il y a pourtant conservé sescaractères essentiels : aussi, chose remarquable, aumilieu des révolutions continuelles qui depuis quinzecents ans ont bouleversé l’Abyssinie, la religion aété le seul principe de stabilité qui ait maintenula nationalité de ce peuple ; c’est au nom de la reli-gion et par elle qu’il a surmonté, au seizième siècle,les invasions musulmanes et qu’il étend aujourd’huison ascendant sur les Gallas. La religion rendra undernier service à l’Abyssinie ; c’est en elle que rési-dent les points de contact les plus sûrs que nousayons avec les Abyssins, c’est elle qui rattachera unefois encore l’Abyssinie à la civilisation générale dumonde.
C’est aussi par la religion que l’histoire de l’Abys-sinie a eu quelque contact avec celle de la civilisa-tion et peut présenter quelques motifs d’intérêt :ainsi les annales de l’Abyssinie sont dominées par lenom et par le souvenir de cette reine de Saba dont