MOEURS.—GOUVERNEMENT. — RELIGION.
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les livres saints nous racontent l’étrange pèlerinageà Jérusalem . J’ai déjà dit que les Abyssins prétendentqu’elle eut de Salomon un fils nommé Menelek, quiest la souche des diverses dynasties royales qui ontgouverné l’Abyssinie. Les principaux chefs qui separtagent aujourd’hui ce pays prétendent tous des-cendre de Menelek. Sahlé-Sallassi se rattache à cetteorigine par les femmes. Je ne raconterai pas les pé-ripéties confuses de l’histoire de l’Abyssinie telles queles chroniques du pays en ont gardé le souvenir. Cesrévolutions, qui n’ont aucun résultat grandiose, quin’ont abouti, au contraire, qu’à une triste décadence,n’offrent aucun attrait à la curiosité. Ce n’est qu’à par-tir du seizième siècle, lorsque quelque influence eu-ropéenne a pu pénétrer jusqu’en Abyssinie, que quel-ques traits de cette histoire.valent la peine d’êtrerappelés; ce n’est aussi que de cette époque que datela formation du royaume de Choa . J’ai dit, dans uneautre partie de ce récit, comment, vers le commence-ment du seizième siècle , l’Abyssinie se trouva serréepar deux invasions : celle des musulmans à l’est, celledesGallas à l’ouest, et comment, sous le choc de cesdeux irruptions, fut brisée l’ancienne unité de l’em-pire. Le Choa , qui en formait la partie méridionale,qui déjà plusieurs siècles auparavant avait servi derefuge à la race de Salomon, dépossédée par des
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