MOEURS. — GOUVERNEMENT. — RELIGION. 245
conservées. Le tombeau s’élève au milieu de la cha-pelle : c’est un carré en terre battue haut de 5 piedset qui en a environ 40 de tour, recouvert d’un ma-gnifique tapis de Perse; au-dessus est suspendue unepetite lampe, qu’on allume seulement les dimancheset les jours de fête. Ce mausolée est confié aux soinsd’un des principaux prêtres d’Angobar.
Sahlé-Sallassi, dont le nom signifie la clémencede la Trinité, avait douze ans à la mort d’Oisen-Segguede. Son premier soin fut de venger son père,et il fit brûler vif le meurtrier, enveloppé dans unetoile de coton imprégnée de cire. Sahlé-Sallassi acontinué d’ailleurs avec plus de vigueur et de succèsencore l’œuvre de ses ancêtres. Après avoir fait subirson ascendant à de nombreuses tribus gallas quijusqu’à lui étaient demeurées indépendantes, il setrouve aujourd’hui à la tète d’un État qui compteune population que j’estimais moi-même, lors de monpremier voyage, à quinze cent mille âmes, et queM. llarris porte à deux millions cinq cent mille, dé-composés en un million de chrétiens et un million etdemi de païens gallas et de musulmans. Sahlé-Sallassi a accru la puissance royale dont il est le dé-positaire en même temps qu’il a reculé les bornes oùelle s’exerce. Son autorité est plus obéie que ne l’ajamais été celle de scs prédécesseurs ; elle se fait sentir