MOKUKS. — GOUVERNEMENT.—RELIGION.
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plus d’un dixième; il accumule le reste dans descaves, où, depuis le commencement de son règne,il a amassé ainsi un trésor immense en argent et enivoire.
L’ancienne organisation féodale de l’Abyssinie s’estconservée par la multiplication des dignités et destitres dans le royaume de Clioa, mais c’est tout cequi en est resté : ces dignités ne sont, en effet, l’ex-pression d’aucune force propre et indépendante ; ellestiennent uniquement du bon plaisir royal leurs attri-butions incertaines. Le roi exerce avec jalousie sonautorité absolue ; les princes de la famille royale ontété, jusqu’à ces derniers temps, les premières victimesde cette jalousie. Une ancienne loi politique de l’A-byssinie, pour prévenir les guerres civiles, voulaitqu’à l’avénement d’un roi ses frères fussent enferméset gardés prisonniers. Cet usage barbare s’est, conti-nué dans le royaume de Choa jusqu’à ces dernièresannées. U y a peu de temps encore, à Gonchio, uneprison souterraine renfermait sept membres de la fa-mille de Sahlé-Sallassi. Ces malheureux avaient sur-vécu à une captivité de trente années, lorsqu’un jourSahlé-Sallassi, comme pour remercier le ciel d’uneguérison inespérée, les rendit à la liberté.
Dans le Choa , de même que dans presque tout l’O-rient, le souverain est considéré comme le propriétaire