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LE RETOUR.
point chaude, et le thermomètre n’y marquait que 22degrés centigrades. A droite, à quatre pas de distance,et sur la marge du sentier, mon guide me montra lepetit bassin d’où sortent les eaux thermales, obstruépar des cailloux et du sable fin qui fournissaient unevapeur légère. Je coupai une petite branche de mi-mosa dont je me servis comme d’une pelle pour dé-barrasser la cuvette étroite et allongée ; elle fut bientôtremplie d’une eau tiède dans laquelle le thermomètremonta à 54 degrés. Les habitants attribuent unegrande vertu à cette eau : je me trompe, c’est plutôtau mimosa qui l’abrite qu’ils font honneur de l’in-fluence de la source dans laquelle de nombreuxmalades viennent se baigner. Ce mimosa est à leursyeux un arbre sacré; c’est à lui que s’adressent lestémoignages de reconnaissance : ils ont une manièreétrange de l’exprimer ; ils suspendent aux branchesen ex voto des lambeaux de leurs vêtements, etcroient ne remplir qu’un pieux devoir en souillantde haillons déchirés le gracieux feuillage de l’arbreodorant. Je remontai à Médina après avoir passé unejournée aux sources; le soleil allait disparaître derrièreles cimes lointaines que domine Angobar» En appro-chant du village, j’entendis un bruit de voix et desclameurs qui, à mesure que j’avançais, me parurentêtre des cris de désolation. Bientôt, en entrant dans