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Second voyage sur les deux rives de la mer Rouge dans le pays des Adels et le royaume de Choa / par M. Rochet d' Héricourt
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LE RETOUR.

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le village, je vis des groupes qui se lamentaient aveceffroi; les femmes surtout se frappaient violemmentle visage, ce qui est en Abyssinie lexpression suprêmede la douleur. Je minformai de la cause de cetteémotion. On me raconta quil y avait dans les en-virons deux léopards, un mâle et une femelle, qui je-taient lépouvante dans le pays. Tous les jours, aucoucher du soleil, lun de ces animaux sortait de satanière bien connue, et venait enlever des moutonsaux innombrables troupeaux qui paissent dans lesvastes plaines du voisinage. Or, ce jour-, un deshabitants avait voulu attaquer le léopard au moment il allait se précipiter sur un de ses moutons : labête, furieuse, sétait élancée sur lui et lavait tué.Je vis le cadavre : le léopard ne lavait pas dévoré;dune de ses griffes il lui avait déchiré la poitrine, delautre, dans le même mouvement sans doute, illui avait déboîté la partie supérieure du crâne,(jui retombait maintenant sur le visage, comme lecouvercle dune tabatière. Les malheureux habi-tants de Médina, en me voyant armé de mon fusilà quatre coups, en voyant les fusils de mon drogmanet de mes domestiques, me regardèrent comme en-voyé du ciel pour les délivrer du monstre. Mon drog-man , qui était très-familier avec les habitants de Mé-dina, musulmans comme lui, trouva je ne sais quel