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LE RETOUR.
répéter que je n’avais nullement la puissance de dé-cider à mon grc la fortune des combats, impossiblede les convaincre d’autre chose que de mon mauvaisvouloir : ils prétendaient que je fusse magicien. Lapreuve, me dirent-ils, c’est que Dato-Mahamet, plusgénéreux que toi, nous a cédé quelques sorts écritsde ta main; déjà ils nous ont aidés à battre les Gallas-Itous, aussi les conservons-nous soigneusement. Etlà-dessus mes hommes se mirent à découdre de pe-tites bourses de peau et à en tirer de petits morceauxde papier pliés et repliés, sur lesquels je reconnusmon écriture. Je devine presque la vérité, les expli-cations des Bédouins achèvent de m’expliquer lachose. Voici ce qui était arrivé : j’avais, pendant monséjour au Choa , plusieurs jours auparavant, confiéun paquet de lettres pour la France à un certainDato-Mahamet, de Toujourra; il devait les faire par-venir à Aden, d’où la malle de l’Inde les porterait enEurope . J’avais compté \ 2 talari à Dato - Mahametpour prix de cette commission. Qu’avait fait le fri-pon ? il avait vendu mes lettres aux Débenet-Buémamoyennant deux chameaux, et c’était avec ces let-tres, mises en pièces, que les Débenet-Buéma s’é-taient découpé les précieuses amulettes auxquellesils attribuaient leurs succès surlesGallas-Itous. Qu’on