LE RETOUR.
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La désolation que le choléra avait jetée dans Mokaavait enlevé à cette ville le peu d’agréments qu’elleprésente lorsqu’on la compare aux autres ports de lamer Rouge . Elle était délivrée, à la vérité, de la ty-rannie du chérif Hamout, que le chérif Hussein avaitenfin sacrifié aux plaintes de la population ; mais lesdésastres de l’épidémie avaient fait bientôt oublierce léger soulagement. Vue de la rade, Moka présenteune physionomie assez riante; et, à voir de loin sesmaisons blanchies à la chaux et terminées par desterrasses que couronnent des balustrades à jour, ons’attend à trouver une ville agréable à habiter : maison est tristement détrompé lorsqu’on a pénétré dansses rues étroites et sales, lorsqu’on a parcouru ses ba-zars petits et obscurs, lorsqu’on a passé près du cime-tière situé au centre de la ville, qu’infectent lesexhalaisons malsaines qui émanent des cadavres.
La population de Moka est composée d’Hindous,de Banians, de Persans, de Juifs, de Saumalis , deDanakils, d’Arabes du Hadramont et d’Arabes de lacôte. Toute cette population ne s’occupe que de com-merce et se signale par une mauvaise foi inouïe (1).
(1) Je renvoie le lecteur, pour ce qui est relatif au com-merce de Moka et des autres ports de la mer Rouge , à ceque j’ai dit dans la relation démon premier voyage; j’ajoute
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