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LE RETOUR.
Deux petits forts dominent la rade sous prétexte de f
la protéger. La ville est entourée d’un faible rempart j
flanqué, de loin en loin, de petites tours; elle manque \
d’eau : celle qu’on y emploie pour les usages les plus j
communs est tirée de trois puits, mais elle n’est <
guère potable ; et on fait venir de plus loin, en la j
payant fort cher, celle qu’on boit dans les repas. Le i
quartier des Juifs est en dehors des remparts. Hors des !
murs encore et à l’ouest, les Danakils et les Sau- I
malis habitent un assez gros village composé dechaumières ovales. A un quart de lieue de la meron voit une petite forêt de palmiers, c’est le belendroit des environs de Moka. Les négociants aisés 'ont là leurs maisons de plaisance, et ils vont ypasser quelques jours à l’époque de la récolte desdattes.
Rien de triste comme la vie des habitants deMoka; je ne leur connais pas d’autre plaisir que
seulement quelques détails que j’ai recueillis plus récem-ment.
Les négociants de Moka achètent le café en douane, enmonnaie idéale, nommée réal dahâbe ou daller d’or; elleéquivaut à trois quarts de daller.
Les droits de sortie pour les peaux seulement sont à lacharge de l’acheteur ; ils sont de 9 pour 100 : tous les objetssont rendus à bord aux frais du vendeur.