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[.K RETOUR.
peuvent répandre des charmes, avec leur doucelumière et leur fraîcheur suave, sur les plages lesplus arides et sur les paysages les plus désolés. Chosecurieuse ! la nuit, les femmes semblent prendre pos-session de la ville : de neuf à onze heures, elles serendent visite ; on entend dans toutes les rues le lé-ger craquement de leurs sandales sur le sol ; ellescourent le long des maisons, enveloppées dans leursvoiles immenses et précédées par des domestiquesqui portent des falots, à la lueur desquels on lesvoit glisser et disparaître comme des ombres dans lesrues sinueuses.
Le port de Moka et celui d’Hodéida sont lesdeux issues par lesquelles les productions de l’Ara-bie prennent leur débouché. Les plus importantesparmi ces productions sont le café, le séné, la soudebrute, la garance, l’encens, la gomme arabique etles peaux. Il sort annuellement de Moka et d’Hodéida8,000 balles de café, pesant chacune 305 livres an-glaises ou 9 farasels arabes; la première qualité,nettoyée, se vend de 3 talari à trois quarts le faraselrendu à bord du navire qui exporte, la deuxièmequalité se paye 2 talari un quart le farasel. 11 esttrès-rare que le café exporté d’Hodéida et de Mokasoit amené directement sur les marchés d’Europe ; ilprend la route de l’Inde, d’où les négociants anglais