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LE RETOUR.
par les membres de la société. Les Banians sont ha-biles et très-rusés dans les affaires ; leur caractèredoux et inoffensif les fait aimer des indigènes 5 ilsobservent très-minutieusement les pratiques de leurreligion. L’esprit de bienveillance universelle queleurs croyances répandent sur toute la nature s’ac-commode parfaitement avec l’islamisme. Les musul-mans estiment beaucoup les égards avec lesquels lesBanians traitent les animaux : le samedi, par exem-ple , ils nourrissent tous les chiens errants ; aussimarchent-ils presque toujours précédés et suivis d’uncortège de chiens reconnaissants. Les musulmansse conforment volontiers sur ce point aux scrupulesauxquels les Banians obéissent. J’ai remarqué qu’àMoka les habitants ne frappent jamais leurs bœufs,et j’ai appris que c’est par déférence pour la pieusesuperstition de leurs hôtes indous.
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Je partis de Moka avec une joie indicible, je re-montai la mer Rouge et j’arrivai en Égypte . Une foissur le sol égyptien , il me semblait que mon voyageétait terminé et que j’étais rentré dans le mouvementet la sécurité de la vie européenne. Il n’y a cepen-dant guère plus d’un demi-siècle, du temps des Vol-ney et des Sonnini, c’était une grande aventure deparcourir seulement les bords du Nil . Qui sait si,