ce lieu l’un des plus beaux panoramas de l’univers (1).Placé sur la plate-forme de ce dernier , à environ 2450pieds au-dessus du niveau de la mer, la vue plonge surles territoires d’ischia, de Casamicciola , de Lacco, de Fo-ria et de Testaccio, et l’île entière, vue de cette hauteur,
déserteurs de sa garnison, qui s'étaient réfugiés sur les hauteurs de l’É-pomée, et qui couchèrent à l’instant en joue avec leurs arquebuses leurancien commandant, celui-ci dans sa détresse invoqua son patron St. Ni-colas , faisant vceu de se dédier à son service s'il parvenait à sortir d’unsemblable péril. Comme il fut assez heureux pour échapper à ce danger,il se démit immédiatement de son emploi, et se retira à l’hermitage dontil est question. Ayant agrandi l'église et fait creuser dans le même rocherplusieurs cellules, il y réunit une douzaine de cénobites avec lesquels ilmena une vie exemplaire, exerçant toutes les vertus chrétiennes. Aprèsavoir passé seize ans dans ce lieu, il y mourut en odeur de sainteté, et futenterré dans la chapelle , où une table de pierre indique l'endroit de sasépulture. Une partie de ses religieux ne tarda pas à le suivre dans latombe, et les autres se dispersèrent en divers points; mais l'hermitage necessa cependant pas d’être occupé. Dans le nombre des anachorètes quisuccédèrent à Mr. d'Arguth, on conserve avec respect la mémoire d’unSuisse du canton des Grisons , ainsi que celle d'un autre Allemand , connusous le nom de père Michel, lequel ne fut pas moins distingué par ses ver-tus , et après avoir vécu jusqu'à l’âge de io 5 ans sur l'Épomée, mouruten 1811 dans le petit hermitage de St. François de Paul dans la plaine deForia, où l'on conserve son portrait. Mr. d’Argutli avait laissé de richesdotations pour la subsistance des hermites et la conservation de cettesainte retraite ; mais celles-ci ont souffert en divers temps de graves at-teintes, et sont réduites maintenant à si peu de chose que les deux reli-gieux, qui habitent actuellement cet hermitage, ne sauraient maintenirla chapelle et ses dépendances sans les aumônes des habitants de l'île et desétrangers.
(1) Le mont Épomée s'appelait anciennement Épopée, du mot grecraortttü(je vois), à cause de la vue étendue qu'on a du haut de cette mon-tagne.