Buch 
Traité de fortification souterraine, ou Des mines offensives et défensives : comprenant la théorie et la pratique des mines, la guerre souterraine, les démolitions, la description de l'attaque des systèmes, et les relations des principales expériences sur les mines... / par C.L. Gillot
Entstehung
Seite
IV
JPEG-Download
 

IV

DISCOURS

plus en sûrelé derrière leurs remparts, et que souvent ils ca-piluloient aussitôt après rétablissement des fourneaux.

La science des mines navoit pas fait jusque- de grandsprogrès du côté de lassiégeant : elle se bornoit à creuser danslépaisseur du rempart quelques rameaux, à lextrémité desquelson déposoit une certaine quantité de poudre. Du côté de las-siégé, tout lart consistoit à retarder le travail du mineur enne-mi , et dans cette vue on avoit pratiqué des galeries le longdes revétemens des principaux ouvrages.

Les défenseurs devinrent enfin moins timides: ils savisèrentde contreminer leurs glacis, dy établir des fourneaux , et depréparer à leur tour des volcans artificiels sous les pas delassiégeant.

Ce nouvel emploi dune arme qui jusqualors avoit pararéservée à lattaque, fit en quelque sorte une révolution dansla guerre des sièges, et la défense, sappropriant désormaisune invention quelle avoit arrachée à sa rivale, ne tarda pasà sen servir avec plus davantage.

Le siège de Candie, qui ne finit quen 1669, offre le pre-mier exemple mémorable de lemploi des mines dans la dé-fense dune place. On sait que le grand-visir Kiuperli, aprèsavoir bloqué cette ville pendant huit années, lassiégeoit régu-lièrement. Louis XIV lit passer au secours de la place septmille hommes, commandés par le duc de Beauforl. Six mi-neurs seulement, tirés dune compagnie nouvellement levée,furent emmenés par lambassadeur vénitien : ils se joignirentà des ouvriers, dont ils dirigèrent le travail et ce fut cettepoignée dhommes qui opposa peut-être la résistance la plus