FORTIFICATION SOUTERRAINE.
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tion d’un corps tel que le charbon, mis en contact avec une cer-taine quantité de salpêtre, est successive et non pas instantanée,comme plusieurs auteurs, et entre autres Robins, l’ont fort gratui-tement supposé. On vient de prouver en effet, dans l’exemple pré-cédent , que c’est en élevant la température du carbone que s’opèrentla décomposition de l’acide nitrique et celle de l’eau. L’inüammation.ne pourroit donc être instantanée que dans le cas où l’on parvien-droit à porter, en même temps, tout le charbon du mélange à cehaut degré de température.
a 5 . Le calorique néanmoins, au moment où il se dégage del’oxigène renfermé dans l’acide nitrique, se meut avec une tellerapidité, il se porte si abondamment et avec tant d’énergie sur lecarbone environnant, que l’inflammation de toute la masse a lieudans un instant presqu’indivisible ; et c’est ce passage brusque del’état concret à l’état aériforme que l’on a nommé détonation, parcequ’en effet il est ordinairement accompagné de bruit et de fracas.
26. Un mélange de salpêtre et de charbon, fait dans les propor-tions convenables, suffit, comme l’on voit, pour former une poudresusceptible de détoner et capable de tous les effets delà véritablepoudre à canon. Celle-ci, outre les deux matières précédentes,renferme cependant une certaine quantité de soufre (1). J’ignore
(1) Les proportions qui paroissent le plus généralement adoptées pour la com-position de la poudre à canon, sont les suivantes :
Nitrate de potasse ou salpêtre. 76 parties.
Charbon. . . '. j 5
Soufre. a
100.
Mais cent livres de matières sèches devant retenir une partie de l'eau qui a servia pétrir le mélange, et le comte de Rumfort ayant conclu de ses expériences ( Voyezle N.° 82 de la Bibliothèque britannique, page 33) que cette quantité d’eau équi-