FORTIFICATION SOUTERRAINE.
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cubique qu'il étoit dans son état primitif, aura donc, au momentde l’explosion, la forme d’un sphéroïde irrégulier, dans lequel lesnormales fü,fD indiquent la direction des forces dilaniatrices.
i58. Le cercle extérieur de l’entonnoir qui en résultera, doitdonc avoir la fîg. EFFDDCCE, dans laquelle les parties EF, CD, etc.sont des courbes dont il seroit peut-être difficile de déterminer lanature, mais qui paroissent se confondre avec les arcs correspon-dans, surtout dans l’état physique des choses ; parce que les bordsde l’excavation ne sont jamais coupés bien net, et qu’après l’explo-sion il y a toujours quelques petits éboulemens qui modifient lavéritable forme.
139. Or, comme il n’existe pas dans la nature de corps incom-pressibles, du moins parmi ceux qui sont compris dans la classedes corps solides, il en résulte qu’un fourneau cubique doit tou-jours produire une excavation plus ou moins évasée, et dont lafigure, à la surface du milieu soumis à l’épreuve, doit être sensi-blement circulaire.
140. D’habiles mineurs ont proposé différentes formes de four-
<( l'exhaussement des terres autour du point correspondant à l’aplomb de la ligne de« moindre résistance , pour former un monticule en forme de calotte sphérique qui« s’étend en proportion de la charge du fourneau. Ce soulèvement se fait assez« lentement pour être observé ; et il est bien essentiel de remarquer que ce n’est« qu'après avoir acquis la plus grande partie de l’étendue que doit avoir le grand« cercle de l’entonnoir , que la fumée et ensuite la flamme commencent à s'échap-pe per à travers les gerçures qui s’y font alors. Cet échappement est suivi d’une forte« commotion aux environs du fourneau, et de l’enlèvement des terres, en forme« de gerbe enflammée. 8
Puisque la courbure du terrain précède toujours l’explosion du fourneau, puisique la rupture n’a lieu qu'après la formation de ce monticule en calotte sphérique,il est évident que le milieu soumis à l’épreuve plie comme les parois d’une enve-loppe flexible ; et j’avouerai franchement que c’est cette conclusion, tirée del’expérience précédente, qui m’a donné la première idée de ma théorie sur lesraines.