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Tome second.
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DES VOYAGEURS.

son

Nous nous trouvâmes bientôt, de cette manière, réunis près desix cents hommes, dont la bigarrure avait quelque chose d'étrange.En première ligne figuraient l’intendant, nous, les officiers et lescaciques; derrière venaient les Indiens, les Guaços, et les milicesaffublées d’uniformes et d’immenses bonnets pointus. Parmi les ca-ciques, quelques-uns avaient de mauvais chapeaux de feutre garnisde plumes et de rubans de différentes couleurs; enfin, le plus grandnombre n’avaient qu’un ruban autour de la tête, et portaient leurgrande chevelure noire flottant au gré des vents. Plusieurs étaientnus jusqu’à la ceinture. Nous nous occupions, M. Rouse et moi,à les examiner, et surtout à nous amuser de l’étonnement que leurcausaient les lunettes de cet ami, lorsqu’un cri d’indiens parti detoutes parts donna le signal du galop que nous prîmes tous enmême temps. Ce n’était pas une petite affaire que de se voir galo-pant au milieu de tous ces gaillards-là; il y avait chance d’êtreheurté de manière à perdre l’équilibre, ou à ce que, le chevalvenant à tomber, tous les autres vous passassent dessus. Nous nelaissions pas, M. Rouse et moi, de faire ces réflexions ; mais com-ment en sortir? Il fallut bien suivre.

De cette manière, nous nous trouvâmes bientôt transportésdevant une espèce de grange construite en dehors des remparts ;c’était là que les princes araucaniens avaient établi leur cour;c’était là que M. Antinahuel, cacique gouverneur des Indiensd’Arauco, était étendu sur une natte, par suite d’un coup de cornequi lui avait un peu chagriné les côtes. Nous étions tous conduitslà pour le saluer, et voici comment nous nous y prîmes.

A peine arrivés vis-à-vis l’entrée de ce palais, les Indiens re-commencèrent leurs cris. A ce signal, nous fûmes enlevés denouveau au grand galop avec un peu plus de confusion, et fîmesainsi trois fois le tour de leur habitation, au milieu d’un nuagede poussière, au son le plus fort de leurs cornemuses et de leurseffroyables cris. Tout se termina cependant sans autre accidentque la chute d'un Indien par-dessus lequel nous passâmes en nelui brisant qu’une ou deux côtes. Cette fois, nous nous dirigeâmesencore avec le même cortège, mais plus paisiblement, vers la capi-tale du département. Nous trouvâmes la porte gardée par lesCivicos, et les remparts couverts d’une foule de curieux et decurieuses. Notre entrée fut des plus brillantes; les cloches fai-