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Tome I.
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DISCOURS

la conduite dosa femme, parce qu’il lui importe des'assurer que les enfants , qu’il est forcé do reconnoi-tre et de nourrir, n’appartiennent pas a d'autresqu'à lui. La femme, qui n'a rien de semblable àcraindre, n’a pas le même droit sur le mari- 3° Lesenfants doivent obéir au père, d'abord par néces-sité , ensuite par reconnoissance : après avoir reçude lui leurs besoins durant la moitié de leur vie, ilsdoivent consacrer l'autre à pourvoir aux siens. 4° Al'égard des domestiques, ils lui doivent aussi leursservices en échange de l'entretien qu'il leur donne,sauf à rompre le marché dès qu i! cesse de leur con-venir. Je ne parle point de l'esclavage, parce qu'ilest contraire à la nature, et qu’aucun droit ne peutl’autoriser.

11 n'y a rien de tout cela dans la société politique.Loin que le chef ait un intérêt naturel au bonheurdes particuliers, il ne lui est pas rare de chercher lesien dans leur misère. La magistrature est-elle héré-ditaire, c'est souvent un enfant qui commande à deshommes ; est-elle élective , mille inconvénients sefont sentir dans les élections j et l'on perd, dans l’unet dans l'autre cas, tous les avantages de la pater-nité. Si vous n'avez qu’un seul chef, vous êtes à ladiscrétion d’un maître qui u’a nulle raison de vousaimer \ si vous en avez plusieurs, il faut supporterà la fois leur tyrannie et leurs divisions. Kn un mot,les abus sont inévitables, et leurs suites funestes danstoute société où l'intérêt public et les lois n'ont aucuneforce naturelle, et sont sans cesse attaqués par l'inté-rêt personnel et les passions du chef et des membres.