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Tome I.
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DISCOURS

pour les enfreindre en effet avec sûreté. Bientôt lesmeilleures lois deviennent les plus funestes: il vau-droit mieux cent fois qu’elles n’existassent pas : ceseroit une ressource qu’on auroit encore quand iln’en reste plus. Dans une pareille situation l’onajoute vainement édits sur édits, réglements sur ré-glements : tout cela ne sert qu ‘à introduire d’autresabus sans corriger les premiers. Plus vous multipliezles lois, plus vous les rendez méprisables : et tousles surveillants que vous instituez ne sont que denouveaux infracteurs destinés à partager avec lesanciens, ou à faire leur pillage à pari. Bientôt leprix de la vertu devient celui du brigandage ; leshommes les plus vils sont les plus accrédités ; plusils sont grands , plus ils sont méprisables ; leur in-famie éclate dans leurs dignités, et ils sont déshono-rés par leurs honneurs. S’ils achètent les suffragesdes chefs ou la protection des femmes , c’est pourvendre a leur tour la justice, le devoir et l’état ; etle peuple, qui ne voit pas que ses vices sont la pre-mière cause de ses malheurs, murmure, et s’écrie engémissant : « Tous mes maux ne viennent que de» ceux que je paie pour m’en garantir. »

C'est alors qu’à la voix du devoir, qui ne parleplus dans les cœurs, les chefs sont forcés de sub-stituer le cri (le la terreur ou le leurre d’un intérêtapparent dont ils trompent leurs créatures. C’est,alors qu’il faut recourir à toutes les petites et mé-prisables ruses qu’ils appellent maximes d’état etmystères du cabinet. Tout ce qui reste de vigueurau gouvernement est employé par ses membres à se-