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DISCOURS
que le censeur des mœurs et le vengeur des lois.
C’est ainsi qu’un gouvernement attentif et bienintentionné, veillant sans cesse à maintenir ou rap-peler chez le peuple l’amour de la patrie et lesbonnes mœurs, prévient de loin les maux qui résul-tent têt ou tard de l’indilférence des citoyens pourle sort de la république , et contient dans d’étroitesbornes cet intérêt personnel qui isole tellement lesparticuliers , que l’état s’afloiblit par leur puissance,et n’a rien à espérer de leur bonne volonté. Partoutoù le peuple aime son pays, respecte les lois, etvit simplement, il reste peu de chose a faire pourle rendre heureux ; et dans l’administration publi-que, où la fortune a moins de part qu’au sort desparticuliers , la sagesse est si près du bonheur queces deux objets se confondent.
III. Ce n’est pas assez d'avoir des citoyens cl deles protéger, il faut encore songer à leur subsistance;et pourvoir aux besoins publics est une suite évi-dente de la volonté générale , et le troisième devoiressentiel du gouvernement. Ce devoir n’est pas ,comme on doit le sentir, de remplir les, greniers'des particuliers et les dispenser du travail, mais demaintenir l’abondance tellement à leur portée ,que, pour l’acquérir, le travail soit toujours néces-saire et ne soit jamais inutile. 11 s’étend au.ssi à tou-tes les opérations qui regardent l'entretien du fiscet les dépenses de l’administration publique. Ainsi,après avoir parlé de 1 ''économie générale par rapportau gouvernement des personnes , il nous reste a laconsidérer par rapport a l'administration des biens.