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Tome I.
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DISCOURS

bien des difficultés : c’est, comme l’a montré Piiffen-dorf, que, par la nature du droit de propriété, ilne s’étend point au-delà de la vie du propriétaire,et qu’à l’instant qu’un homme est mort, son bien nelui appartient plus. Ainsi, lui prescrire les condi-tions sous lesquelles il en peut disposer , c’est aufond moins altérer son droit en apparence que l'é-tendre en effet.

En général, quoique l’institution des lois qui rè-glent le pouvoir des particuliers dans la dispositionde leuç propre bien n’appartienne qu’au souverain ,l’esprit de ces lois, que le gouvernement doit suivredans leur application, est que, de père en fils et deproche en proche, les biens de la famille en sortentet s’aliènent le moins qu'il est possible. U y a uneraison sensible de ceci en faveur des enfants, à quile droit de propriété scroit fort inutile si le père neleur laissoit rien , et qui de plus, ayant souvent con-tribué par leur travail à l’acquisition des biens dupère, sont de leur chef associés à son droit. Maisune autre raison plus éloignée, et non moins impor-tante , est que rien n’est plus funeste aux mœurs età la république que les changements continuels d’é-tat. et de fortune entre les citoyens ; changementsqui sont la preuve et la source de mille désordres ,qui bouleversent et confondent tout, et par lesquelsceux qui sont élevés pour une chose , se trouvantdestinés pour une autre , ni ceux qui montent niceux qui descendent ne peuventprendre les maximesni les lumières convenables à leur nouvel état, etbeaucoup moins en remplir les devoirs. Je passe àl'objet des finances publiques.