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SUR L’ÉCONOMIE POLITIQUE.
Si le peuple se gouvernoit lui-même , et qu’il n’yeût rien d'intermédiaire entre l'administration del’état et les citoyens, ils n’auroient qu'à se cotiserdans l'occasion, à proportion des besoins publics etdes facultés des particuliers; et comme chacun neperdroit jamais de vue le recouvrement ni l'emploides deniers, il ne pourroit se glisser ni fraude niabus dans leur maniement; l'état ne seroit jamaisobéré de dettes ni le peuple accablé d’impôts, ou dumoins la sûreté de remploi le consoleroit de la du-reté de la taxe. Mais les choses ne sauroient allerainsi; et, quelque borné que soit un état, la sociétécivile y est toujours trop nombreuse pour pouvoirêtre gouvernée par tous ses membres. Il faut néces-sairement que les deniers publics passent par lesmains des chefs, lesquels, outre l’intérêt de l’état,ont tous le leur particulier, qui n’est pas le dernierécouté. Le peuple, de son côté, qui s’aperçoit plu-tôt de l'avidité des chefs et de leurs folles dépensesque des besoins publics , murmure de se voir dépouil-ler du nécessaire pour fournir au superflu d'autrui;et, quand une fois ces manœuvres l ont aigri jusqu’àcertain point, la plus intègre administration neviendroit pas à bout de rétablir la confiance. Alorssi les contributions sont volontaires, elles ne pro-duisent rien; si elles sont forcées, elles sont illégi.times; et c’est dans cette cruelle alternative de lais-ser périr l’état ou d’attaquer le droit sacré de lapropriété, qui en est le soutien, que consiste la dif-ficulté d’une juste et sage économie.
La première chose que doit faire , après l'établis-