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Tome I.
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SUR L’ÉCONOMIE POLITIQUE. 51

mêmes produisent de nouveaux inconvénients; desorte qu’à la fin la nation s’obère, le peuple estfoulé, le gouvernement perd toute sa vigueur, et nefait plus que peu de chose avec beaucoup d’argent.Je crois que de cette grande maxime bien établie,découloient les prodiges des gouvernements anciens,qui faisoient plus avec leur parcimonie que les nôtresavec tous leurs trésors ; et c’est peut être delà qu’estdérivée l’acception vulgaire du mot d 'économie, quis’entend plutôt du sage ménagement de ce qu’on aque des moyens d'accjuérir ce que l’on n’a pas.

Indépendamment du domaine public, qui rend àl’état à proportion de la probité de ceux qui le ré-gissent , si l’on connoissoit assez toute la force del'administration générale , surtout quand elle seborne aux moyens légitimes, on seroit étonné desressources qu’ont les chefs pour prévenir tous lesbesoins publics sans toucher aux biens des particu-liers. Comme ils sont les maîtres de tout le commercede l’état, rien ne leur est si facile que de le dirigerd’une manière qui pourvoie à tout, souvent sansqu’ils paroissent s’en mêler. La distribution des den-rées , de l’argent, et des marchandises, par de justesproportions selon les temps et les lieux, est le vraisecret des finances et la source de leurs richesses,pourvu que ceux qui les administrent sachent porterleurs vues assez loin, et faire dans l’occasion uneperte apparente et prochaine, pour avoir réellementdes profits immenses dans un temps éloigné. Quandon voit un gouvernement payer des droits, loin d’enrecevoir, pour la sortie des blés dans les années d’a-