60 DISCOURS
sant les avanies des gens lestes d'un jeune duc : enun mot, toute assistance gratuite le fuit au besoin,précisément parce qu’il n’a pas de quoi la payer*mais je le tiens pour homme perdu s'il a le malheurd’avoir l'aine honnête , une hile aimable et un puis-sant voisin.
Une autre attention non moins importante à faire,c’est que les pertes des pauvres sont beaucoup moinsréparables que celles du riche, et que la difficultéd’acquérir croit toujours en raison du besoin. On nefait rien avec rien*, cela est vrai dans les affairescomme en physique : l’argent est la semence de l’ar-gent, et la première pistole est quelquefois plus dif-ficile à gagner que le second million. Il y a plusencore; c’est que tout ce que le pauvre paie est àjamais perdu pour lui, et reste ou revient dans lesmains du riche ; et comme c’est aux seuls hommesqui ont part au gouvernement, ou a ceux qui en ap-prochent, que passe tôt ou tard le produit des im-pôts, ils ont même en payant leur contingent, unintérêt sensible à les augmenter.
Résumons en quatre mots le pacte social des deuxétats. « Vous avez besoin de moi, car je suis riche« et vous êtes pauvre ; faisons donc un accord entre» nous: je permettrai que vous ayez l'honneur dew me servir , à condition que vous me donnerez le» peu qui vous reste pour la peine que je prendrai» de vous commander. »
Si l’on combine avec soin toutes ees choses, ontrouvera que, pour répartir les taxes d’une manièreéquitable et vraiment proportionnelle, l’imposition