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Tome I.
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SUR L’ÉCONOMIE POLITIQUE. G1

n’cn doit pas être faite seulement en raison des biensdes contribuables, mais en raison composée de la dif-férence de leurs conditions et du superflu de leursbiens : opération très-importante et très-difficile quefont tous les jours des multitudes de commis honnê-tes gens et qui savent l’arithmétique , mais dont lesPlaton et les Montesquieu n’eussent osé se chargerqu'en tremblant, et en demandant au ciel des lumiè-res et de l'intégrité.

Un autre inconvénient de la taxe personnelle,c'est de se faire trop sentir et d’être levée avec tropde dureté, ce qui n’empêche pas qu’elle ne soit su-jette à beaucoup de non-valeurs, parce qu’il est plusaisé de dérober au rôle et aux poursuites sa tête queses possessions.

De toutes les autres impositions , le cens sur lesterres ou la taille réelle a toujours passé pour laplus avantageuse dans les pays où l'on a plus d’é-gard a la quantité du produit et à la suretc du re-/ ’couvrcmentqu’àla moindre incommodité du peuple.On a même osé dire qu'il falloit charger le paysanpour éveiller sa paresse, et qu'il ne feroit rien s'iln’avoit rien a payer.JMais l’expérience dément cheztous les peuples du monde cette maxime ridicule :c’est en Hollande, en Angleterre, où le cultivateurpaie très-peu de chose, et surtout à la Chine , où ilne paie rien , que la terre est le mieux cultivée. Aucontraire , partout où le laboureur se voit chargé hproportion du produit de son champ, il le laisse enfriche, ou n’en relire exactement que ce qu’il luifaut pour vivre. Car pour qui perd le fruit de sa

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