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Tome I.
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DISCOURS

Ajoutons à tout ceci une importante distinction enmatière de droit politique , et à laquelle les gouver-nements, jaloux de faire tout par eux-mêmes, de-vroient donner une grande attention. J’ai dit qneles taxes personnelles et les impôts sur les chosesd’absolue nécessité , attaquant directement le droitde propriété, et par conséquent le vrai fondementde la société polique, sont toujours sujets à des con-séquences dangereuses, s’ils ne sont établis avecl'exprès consentement du peuple ou de ses repré-sentants. Il n’en est pas de même des droits sur leschoses dont on peut s’interdire l’usage*, car alors leparticulier n’étant point absolument contraint àpayer, sa contribution peut passer pour volontaire ;de sorte que le consentement particulier de chacundes contribuants supplée au consentement général,et le suppose même en quelque manière : car pour-quoi le peuple s’opposeroit-il a toute impositionqui ne tombe que sur quiconque veut bien la payer?J1 me paroît certain que tout ce qui n’est ni proscritpar les lois , ni contraire aux mœurs, et que le gou-vernement peut défendre, il peut le permettremoyennant un droit. Si , par exemple , le gouver-nement peut interdire l’usage des carrosses, il peut,à plus forte raison, imposer une taxe sur les carros-ses j moyen sage et utile d’en blâmer l’usage sans lefaire cesser. Alors on peut regarder la taxe commeune espèce d’amende dont le produit dédommagede l’abus qu’elle punit.

Quelqu’un m’objectera peut-être que ceux quelludin appelle imposteurs } c'est-à-dire ceux qui im-