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Tome I.
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SUR L’ÉCONOMIE POLITIQUE. 67

prix de la chose et des frais de la taxe. Tant qu'il y«ura des riches, ils voudront se distinguer des pau-vres ; et l'état ne sauroit se former un revenu moinsonéreux ni plus assuré que sur cette distinction.

Par la même raison, l’industrie n’auroit rien asouffrir d’un ordre économique qui enrichiroit lesfinances , ranimeroit l'agriculture en soulageant lelaboureur, et rapprocherait insensiblement toutesles fortunes de cette médiocrité qui fait la véritableforce d'un état. 11 se pourrait, je l'avoue, que lesimpôts contribuassent à faire passer plus rapidementquelques modes : mais ce ne serait jamais que pouren* substituer d’autres sur lesquelles l’ouvrier gagne-rait sans que le fisc eût rien a perdre. En un mot,supposons que l'esprit du gouvernement soit con-stamment d’asseoir toutes les taxes sur le superfluîles richesses, il arrivera de deux choses Tune: oules riches renonceront à leurs dépenses superfluespour n’en faire que d'utiles, qui retourneront auprofit de l'état; alors l’assiette des impôts aura pro-duit 1’effct des meilleures lois somptuaires, les dé-penses de l’état auront nécessairement diminué aveccelles dos particuliers, et le fisc ne sauroit moins re-cevoir de cette manière qu'il n'ait beaucoup moinsencore à débourser: ou si les riches ne diminuentrien de leurs profusions, le fisc aura dans le produit<les impôts les ressources qu'il cherchoitpour pour-voir aux besoins réels de l’état. Dans le premier cas,le fisc s’enrichit de toute la dépense qu'il a de moinsà faire ; dans le second, il s’enrichit encore de la dé-pense inutile des particuliers.