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Tome I.
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LIVRE I.

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Comme un. pâtre est d’une nature supérieure àcelle de son troupeau, les pasteurs d’hommes, quisont leurs chefs, sont aussi d’une nature supérieureà celle de leurs peuples. Ainsi raisonnoit, au rap-port de Philon, l’empereur Caligula ; concluantassez bien de cette analogie que les rois étoient desdieux, ou que les peuples étoient des bêtes ( ¥ ).

Le raisonnement de ce Caligula revient à celui deHobbes et de Grotius. Aristote , avant eux tous,avoit dit aussi (* ¥ ) que les hommes ne sont point na-turellement égaux j mais que les uns naissent pourl’esclavage, et les autres pour la domination.

(*) Pliilon, écrivain juif d’Alexandrie , fécond en bellespensées,est auteur de plusieurs ouvrages sur la morale et lareligion, qui. lui ont mérité le surnom de Platon juif. Envoyéen ambassade à Caligula , et n’ayant rien obtenu de cet em-pereur, il s’en vengea en écrivant sous le titre à?Ambassade aCaius une espèce de relation qui est parvenue jusqu’à nous.Quant au passage dont il s’agit ici, le voici dans le style naïfque prête à Philon uu vieux traducteur : « Caïus s’ellbrceant» de se faire croyre Dieu , on dit qu’au commencement de» celte folle appréhension, il usa de ce propos : Tout ainsy«que les pastoureaux des animaux, comme bouviers, chè-» vriers, bergers ne sont ni bœufs, ni chèvres, ni aigneaux,» aius sont hommes d’une meilleure condition et qualité ,» aussy faut penser que moy qui suis le gouverneur de ce» très-bon troupeau d’hommes, suis différent des autres, et» que je ne tiens point de l’homme, mais d’une part plus» grande et plus divine. Après qu’il eut imprimé ceste opi-» nion dedans son esprit, etc. » Œuvres de Philon ,traductionde P. Bellier, in- 8 J . Paris , 1598.

(**) Politic. , lih. 1 , cap. 5 .

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