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DU CONTRAT SOCIAL.
Grotius nie que tout pouvoir humain soit établi enfaveur tle ceux qui sont gouvernés : il cite l’esclavageen exemple. Sa plus constante manière de raisonnerest d'établir toujours le droit par le fait («). Onpourroit employer une méthode plus conséquente,mais non plus favorable aux tyrans.
Il est donc douteux, selon Grotius , si le genreImmain appartient à une centaine d'hommes , ou sicette centaine d’hommes appartient au genre hu-main : et il paroit, dans tout son livre , pencher pourle premier avis : c’est aussi le sentiment de Hobbes .Ainsi voilà l’espèce humaine divisée en troupeauxde bétail, dont chacun a son chef, qui le gardepour le dévorer (* *).
(o) « Les savantes recherches sur le droit public ne sont» souvent que l’histoire des anciens abus; et on s’est enlclé» mal à propos quand on s’est donné la peine de les trop étu-» dier. » 'Traité des Intérêts de la France avec ses voisins , parM. le marquis d’Argenson (imprimé chez Rcy , à Amsterdam ).Voilà précisément ce qu’a fait Grotius .
(*) Grotius , célèbre publiciste hollandois , mort en 16^5 ,a publié un grand nombre d’ouvrages dont le plus renomméest sou traité de Jui'e belli et pacis, traduit et commenté danstoutes les langues de l’Europe . La meilleure édition de la tra-duction Françoise de Barbeyrac est de Baie, 1746, 2 vol.in-4°. *—Hobbes , philosophe anglois non moins célèbre, morten 1679, est surtout connu par son traité de Cive, traduit enfrancois par Sorliière, 16^9» in-8°. Celte traduction a étéréimprimée avec celle de deux autres ouvrages du meme au-teur, sous le titre de Œuvres philosophiques et politiques de llob~hrs, Neuchâtel (Paris ), 1787, 2 vol. in-8°.