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Tome I.
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LIVRE I.

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jours le maître, s’il ne transforme sa force en droit,et l'obéissance en devoir. I)c là le droit du plus fort;droit pris ironiquement en apparence , et réellementétabli en principe. Mais ne nous expliquera-t-on ja-mais ce mot? La force est une puissance physique ;je ne Vois point quelle moralité peut résulter de seseffets. Céder à la force est un acte de nécessité, nonde volonté ; c’est tout au plus un acte de prudence.En quel sens pourra-cc être un devoir ?

Supposons un moment ce prétendu droit. Je disqu'il n'en résulte qu’un galimatias inexplicable ; car,sitôt que c'est la force qui fait le droit, l'effet changeavec la cause : toute force qui surmonte la premièresuccède à son droit. Sitôt qu’ou peut désobéir im-punément, on le peut légitimement; et puisque leplus fort a toujours râisou, il ne s’agit que de faireen sorte qu’on soit le plus fort. Or qu’est-ce qu’undoit qui périt quand la force cesse ? S'il faut obéirpar force, on n’a pas besoin d'obéir par devoir ; etsi l’on n’est plus forcé d’obéir, on n’y estplus obligé.On voit donc que ce mot de droit n’ajoute rien à laforce ; il ne signifie ici rien du tout.

Obéissez aux puissances. Si cela veut dire, cédezà la force, le précepte est bon, mais superflu; jeréponds qu’il ne sera jamais violé. Toute puissancevient de Dieu , je l’avoue ; mais toute maladie envient aussi : est-ce à dire qu'il soit défendu d’appelerle médecin ? Qu’un brigand me surprenne au coind’un bois, non-seulement il faut par force donnerla bourse ; mais, quand je pourrois la soustraire,suis-je en conscience obligé de la donner? car enfinle pistolet qu’il tient est aussi une puissance.