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Tome I.
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DU CONTRAT SOCIAL.

Convenons donc que force ne fait pas droit, etqu'on n’est obligé d’obéir qu’aux puissances légiti-mes. Ainsi ma question primitive revient toujours.

CHAPITRE IV.

De l’Esclavage .

Puisque aucun homme n’a une autorité naturellesur son semblable, et puisquc-la force ne produitaucun droit, restent donc les conventions pour basede toute autorité légitime parmi les hommes.

Si un particulier, dit Grotius , peut aliéner saliberté et se rendre esclave d’un maître, pourquoitout un peuple ne pourroit-il pas aliéner la sienneet se rendre sujet d’un roi? Il y a la bien des motséquivoques qui auroient besoin d’explication; maistenons-nous-en à celui d 'aliéner. Aliéner, c’est don-ner ou vendre. Or un homme qui se fait esclave d’unautre ne se donne pas ; il se vend tout au moins poursa subsistance : mais un peuple, pourquoi se vend-it? Rien loin qu'un roi fournisse à scs sujets leur sub-sistance, il ne tire la sienne que d’eux ; et, selonRabelais , un roi ne vit pas de peu. Les sujets don-nent donc leur personne a condition qu’on prendraaussi leur bien ? Je ne vois pas ce qu’il leur reste àconserver.

On dira que le despote assure a scs sujets la tran-quillité civile ; soit : mais qu’y gagnent-ils, si les guér-ies que son ambition leur attire , si son insatiableavidité, si les vexations de son ministère les désolent