LIVRE I.
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plus que ne (croient leurs dissensions ? Qu’y gagnent-ils, si cette tranquillité même estime de leurs misè-res? Un vit tranquille aussi dans les cachots : enest-ce assez pour s’y trouver bien? Les Grecs enfer-mes dans l'antre du cyclope y vivoient tranquilles,en attendant que leur tour vînt d’être dévorés.
Dire qu’un homme se donne gratuitement, c’estdire une chose absurde et inconcevable ; un tel aeteest illégitime et nul, par cela seul que celui qui lefait n’est pas dans sonbonsens. Dire la même chosede tout un peuple, c’est supposer un peuple de fous:la folie ne fait pas droit.
Quand chacun pourroit s’aliéner lui-même , il nepeut aliéner ses enfants , ils naissent hommes et li-bres j leur liberté leur appartient, nul n’a droit d’endisposer qu’eux. Avant qu’ils soient en âge de rai-son , le père peut, en leur nom , stipuler des condi-tions pour leur conservation, pour leur bien-être,mais non les donner irrévocablement et sans condi-tion 5 car un tel don est contraire aux fins de la na-ture, et passe les droits de la paternité. 11 faudroitdonc , pour qu'un gouvernement arbitraire fut légi-time , qu’à chaque génération le peuple fût le maî-tre de l’admettre ou de le rejeter : mais alors ce gou-vernement ne seroit plus arbitraire.
Renoncer à sa liberté, c’est renoncer à sa qualitéd’homme , aux droits de l’humanité, même à sesdevoirs. 11 n’y a nul dédommagement possible pourquiconque renonce à tout. Une telle renonciationest incompatible avec la nature de l’homme j et c’estôter toute moralité à scs actions que d’ôter toute li~