Band 
Tome I.
Seite
83
JPEG-Download
 

LIVRE I.

83

Les combats particuliers, les duels, les rencon-tres, sont des actes qui ne constituent point un état;et à l'égard des guerres privées, autorisées par lesétablissements de Louis IX , roi de France, et sus-pendues par la paix de Dieu , ce sont des abus dugouvernement féodal, système absurde, s’il en futjamais, contraire aux principes du droit naturel eth toute bonne politie.

La guerre n'est donc point une relation d’hommeà homme, mais une relation d'état à état, dans la-quelle les particuliers ne sont ennemis qu’acciden-tellemcnt, non point comme hommes, ni mêmecomme citoyens (u), mais comme soldats; nonpoint comme mçmbres de la patrie, mais commescs défenseurs. Enfin chaque état ne peut avoir pourennemis que d’autres états, et non pas des hommes,attendu qu’entre choses de diverses natures on nepeut fixer aucun vrai rapport.

Ce principe est meme conforme aux maximes éta-blies de tout temps et à la pratique constante de

(a) Les Romains, qui ont entendu et plus respecté le droitde la guerre qu'aucune nation du monde , portoient si loin lescrupule à cet égard , qu’il n’éloit pas permis à un citoyen deservir comme volontaire, sans s’ètre eugagé expressémentcontre l’ennemi, et nommément contre tel ennemi. Une légionoù Galon le fils faisoit ses premières armes sous Popiliusayantété réformée, Caton le père écrivit à Popilius que, s’il vou-loit bien que son fils continuât de servir sous lui, il falloitlui faire prêter un nouveau serment militaire, parce que, lepremier étant annule , il ne pouvoit plus porter les armescontre l’ennemi. Et le même Caton écrivit â son fils de se