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Tome I.
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DU CONTRAT SOCIAL.

tous les peuples policés. Les déclarations de guerresont moins des avertissements aux puissances qu’àleurs sujets. L'étranger, soit roi, soit particulier,soit peuple , qui vole , tue , ou détient les sujets,sans déclarer la guerre au prince , n’est pas un en- ,nemi, c’est un brigand.. Même en pleine guerre, unprince juste s’empare bien, en pays ennemi, de tout |ce qui appartient au public; mais il respecte la per-sonne et les biens des particuliers ; il respecte desdroits sur lesquels sont fondés les siens. La fin de la ;guerre étant la destruction de l’état ennemi, on adroit d’en tuer les défenseurs tant qu’ils ont les ar- \mes à la main ; mais sitôt qu’ils les posent et se ren-dent, cessant d’ètre ennemis ou instruments de l'en-nemi, ils redeviennent simplement hommes : et l’onn’a plus de droit sur leur vie. Quelquefois on peuttuer l’état sans tuer un de scs membres : or la guerrene donne aucun droit qui ne soit nécessaire à sa fin, 1Ces principes ne sont pas ceux de Grotius ; Us ne jsont pas fondés sur des autorités de poètes ; mais ilsdérivent de la nature des choses , et sont fondés surla raison.

bien garder de se présenter au combat qu’il n’eût prêté cenouveau serment. Je sais qu’on pourra m’opposer le siège deClusium et d’autres faits particuliers ; mais moi je cite deslois, des usages. Les Romains sont ceux qui ont le moinssouven t transgressé leurs lois ; et ils sont les seuls qui eu aienteu d’aussi belles * *.

* Pour le serment exigé par Caton père , voyez Ctc. deOfpc., lib. i, cap. 2 . Pour le fait relatif au siège de Clusium,voyez Tjt.-Liv., lib. v, cap. 35-37-