LIVRE IX.
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particulière s’accorde sur quelque point avec lavolonté générale, il est impossible au moins quecet accord soit durable et constant j car la volontéparticulière tend, par sa nature, aux préférences,et la volonté générale à l’égalité. Il est plus impos-sible encore qu’on ait un garant de cet accord,quand même il devroit toujours exister ; ce ne se-roit pas un effet de l’art, mais du hasard. Le sou-verain peut bien dire, Je veux actuellement ce queveut un tel homme, ou du moins ce qu’il dit vou-loir j mais il ne peut pas dire, Ce que cet hommevoudra demain, je le voudrai encore ; puisqu’il estabsurde que la volonté se donne des chaînes pourl’avenir, et puisqu’il ne dépend d’aucune volontéde consentir à rien de contraire au bien de l’êtrequi veut. Si donc le peuple promet simplement d’o-béir, il se dissout par cet acte, il perd sa qualitéde peuple j a l’instant qu’il y a un maître, il n’y aplus de souverain, et dès-lors le corps politique estdétruit.
Ce n’est point a dire que les ordres des chefs nepuissent passer pour des volontés générales, tantque le souverain, libre de s’y opposer, ne le faitpas. En pareil cas, du silence universel on doit pré-sumer le consentement du peuple. Ceci s’expliqueraplus au long.
CHAPITRE II.
Que la Souveraineté est indivisible.
Par la même raison que la souveraineté est ina-
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