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DU CONTRAT SOCIAL.
LIVRE II.
CHAPITRE PREMIER.
Que la Souveraineté est inaliénable.
La première et la plus importante conséquence desprincipes ci-devant établis est que la volonté géné-rale peut seule diriger les forces de l'état selon lafin de son institution, qui est le bien commun j carsi l’opposition des intérêts particuliers a rendu né-cessaire rétablissement des sociétés, c’est l’accordde ces mêmes intérêts qui l’a rendu possible. C’estce qu’il de commun dans ces différents intérêtsqui forme le lien social j et s’il n’y avoit pas quelquepoint dans lequel tous les intérêts s’accordent,nulle société ne sauroit exister. Or, c’est unique-ment sur cet intérêt commun que la société doitêtre gouvernée.
Je dis donc que la souveraineté, n’étant quel'exercice de la volonté générale, ne peut jamaiss’aliéner, et que le souverain , qui n’est qu’un êtrecollectif, ne peut être représenté que par lui-même:le pouvoir peut bien se transmettre, mais non pasla volonté.
En effet, s’il n’est pas impossible qu’une volonté