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Tome I.
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107
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LIVRE II.

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nature donne à chaque homme un pouvoir absolusur tous ses membres, le pacte social donne aucorps politique un pouvoir absolu sur tous les siens jet c’est ce même pouvoir qui, dirigé par la volontégénérale, porte, comme j’ai dit, le nom de souve-raineté.

Mais , outre la personne publique, nous avons àconsidérer les personnes privées qui la composent,et dont la vie et la liberté sont naturellement indé-pendantes d’elle. Il s’agit donc de bien distinguerles droits respectifs des citoyens ( ¥ ) et du souve-rain ( a), et les devoirs qu’ont à remplir les premiersen qualité de sujets , du droit naturel dont ils doi-vent jouir en qualité d’hommes.

On convient que tout ce que chacun aliène, parle pacte social, de sa puissance, de scs biens, de saliberté , c’est seulement la partie de tout cela dontl’usage importe à la communauté ; mais il faut con-venir aussi que le souverain seul est juge de cetteimportance.

(* *) a Dans l’édition de Genève , 1782, et dans l’in- 4 ° de1793, on lit, du citoyen et (fit souverain ; mais la fin de la phraseparoît justifier le pluriel, qu’on trouve dans quelques édi-tions *. »

(a) Lecteurs attentifs , ne vous pressez pas, je vous prie,de m’accuser ici de contradiction. Je n’ai pu l’éviter dans lestermes , vu la pauvreté de la langue ; mais attendez.

* Cette note grammaticale est de M. Lequien. Voyez dansce volume , traité de VÉconomie politique, page 8 , une note dumême genre, mais qui nous a paru moins conforme auxprincipes que ne l’est celle-ci.