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Tome I.
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DU CONTRAT SOCIAL.

Tous les services qu’un citoyen peut rendre à Té-tât, il les lui doit sitôt que le souverain les demande;mais le souverain, de son côté, ne peut charger lessujets d’aucune chaîne inutile à la communauté : ilne peut pas meme le vouloir; car, sous la loi de rai-son , rien ne se fait sans cause, non plus que sous laloi de nature.

Les engagements qui nous lient au corps socialne sont obligatoires que parce qu’ils sont mutuels;et leur nature est telle qu’en les remplissant on nepeut travailler pour autrui sans travailler aussi poursoi. Pourquoi la volonté générale est-elle toujoursdroite, et pourquoi tous veulcntdls constamment lebonheur de chacun d'eux, si ce n’est parce qu’il n’ya personne qui ne s’approprie ce mot chacun, etqui ne songe à lui-même en votant pour tous ? cequi prouve que l’égalité de droit et la notion dejustice qu’elle produit dérivent de la préférenceque chacun se donne, et par conséquent de la na-ture de l’homme ; que la volonté générale, pourêtre vraiment telle, doit Têtre dans son objet ainsique dans son essence; qu’elle doit partir de touspour s’appliquer a tous ; et qu’elle perd sa rectitudenaturelle lorsqu’elle tend a quelque objet indivi-duel et déterminé, parce qu’alors, jugeant de cequi nous est étranger, nous n’avons aucun vrai prin-cipe d’équité qui nous guide.

En effet, sitôt qu’il s’agit d’un fait ou d’un droitparticulier sur un point qui n'a pas été réglé parune convention générale et antérieure, l’afTuire de-vient contentieuse : c’est un procès où les particu-