LIVRE II.
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licrs intéressés sont une des parties , et le publiel’autre, mais où je ne vois ni la loi ({u’il faut suivre,ni le juge qui doit prononcer. Il scroit ridicule devouloir alors s’en rapporter à une expresse décisionde la volonté générale , qui ne peut-être que laconclusion de l’une des parties, et qui par consé-quent n’est pour l'autre qu’une volonté étrangère,particulière, portée en cette occasion h l’injusticeet sujette à l’erreur. Ainsi, de même qu’une volontéparticulière ne peut représenter la volonté géné-rale , la volonté générale à son tour change de na-ture, ayant un objet particulier, et ne peut, commegénérale prononcer ni sur un homme ni sur un fait.Quand le peuple d’Athènes , par exemple , nom-moit ou cassoit ses chefs, décernoit des honneursà l’un, imposoit des peines à l’autre, et, par desmultitudes de décrets particuliers, exerçoit indis-tinctement tous les actes du gouvernement , lepeuple alors n’avoit plus de volonté générale pro-prement dite j il n’agissoit plus comme souverain ,mais comme magistrat. Ceci paroitra contraire auxidées communes ; mais il faut me laisser le tempsd’exposer les miennes.
On doit concevoir par là que ce qui généralisela volonté est moins le nombre des voix que l’inté-rêt commun qui les unit ; car, dans cette institu-tion, chacun se soumet nécessairement aux condi-tions qu’il impose aux autres : accord admirablede l’intérêt et de la justice, qui donne aux déli-bérations communes un caractère d’équité qu'onvoit s’évanouir dans la discussion de toute alfaire9 . 10