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Tome I.
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LIVRE II.

tu

passe ni ne peut passer les bornes des conventionsgénérales, et que tout homme peut disposer pleine-ment de ce qui lui a été laissé de ses biens et desa liberté par ces conventions ; de sorte que le sou-verain n'est jamais en droit de charger un sujetplus qu’un autre, parce qu'alors, l'affaire devenantparticulière, son pouvoir n’est plus compétent.

Ces distinctions une fois admises, il est si fauxque dans le contrat social il y ait de la part des par-ticuliers aucune renonciation véritable , que leursituation, par l’effet de ce contrat, se trouve réelle-ment préférable a ce qu’elle étoit auparavant, etqu’au lieu d’une aliénation ils n’ont fait qu’un échangeavantageux d’une manière d’être incertaine et pré-caire contre une autre meilleure et plus sûre , del’indépendance naturelle contre la liberté , du pou-voir de nuire à autrui contre leur propre sûreté, etde leur forcé, que d’autres pouvoient surmonter ,contre un droit que l’union sociale rend invincible.Leur vie même , qu’ils ont dévouée à l’état, en estcontinuellement protégée ; et lorsqu’ils l’exposentpour sa défense, que font-ils alors que lui rendre cequ’ils ont reçu de lui? Que font-ils qu’ils ne fissentplus fréquemment et avec plus do danger dans l’étatde nature, lorsque, livrant des combats inévitables,ils défendoient au péril de leur vie ce qui leur sertà la conserver ? Tous ont h combattre au besoin pourla patrie, il est vrai; mais aussi nul n’a jamais àcombattre pour soi. Ne gagne-t-on pas encore hcourir, pour ce qui fait notre sûreté, une partie desrisques qu'il faudroil courir pour nous-mêmes sitôtqu’elle nous seroit ôtée?