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Tome I.
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112
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112 DU CONTRAT SOCIAL.

CHAPITRE V.

Du droit de Vie et de Mort.

On demande comment les particuliers , n’ayantpoint droit de disposer de leur propre vie, peuventtransmettre au souverain ce même droit qu’ils n’ontpas. Cette question 11e paroît difficile à résoudre queparce qu’elle est mal posée. Tout homme a droit derisquer sa propre vie pour la conserver. A-t-on jamaisdit que celui qui se jette par une fenêtre pour échap-per à un incendie soit coupable de suicide ? a-t-onmême jamais imputé ce crime à celui qui périt dansune tempête dont en s’embarquant il n’ignoroit pasle danger?

Le traité social a pour fin la conservation des con-tractants. Qui veut la fin veut aussi les moyens, etces moyens sont inséparables de quelques risques,même de quelques pertes. Qui veut conserver savie aux dépens des autres doit la donner aussi poureux quand il faut. Or, le citoyen n’est plus juge dupéril auquel la loi veut qu’il s’expose ; et quand leprince lui a dit, Il est expédient à l’état que tu meu-res , il doit mourir, puisque ce 11’est qu’à celle con-dition qu’il a vécu en sûreté jusqu’alors, et que savie n’est plus seulement un bienfait de la nature,mais un don conditionnel de l’état.

La peine de mort infligée aux criminels peut êtreenvisagée à peu près sous le même point de vue :c’est pour 11’être pas la victime d’un assassin quel'on consent à mourir si on le devient. Dans cetraité , loin de disposer de sa propre vie, 011 ne