LIVRE II.
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ni si le prince est au-dessus des lois, puisqu'il estmembre de l'état; ni si la loi peut être injuste, puis-que nul n’est injuste envers lui-même ; ni commenton est libre et soumis aux lois, puisqu’elles ne sontque des registres de nos volontés.
On voit encore que la loi réunissant runivcrsalitéde la volonté et celle de l’objet, ce qu’un homme,quel qu'il puisse être, ordonne de son chef n’estpoint une loi : ce qu’ordonne même le souverain sur'un objet particulier n’est pas non plus une loi, maisun décret ; ni un acte de souveraineté, mais de ma-gistrature.
J’appelle donc république tout état régi par deslois, sous quelque forme d’administration que cepuisse être : car alors seulement l’intérêt public gou-verne , et la chose publique est quelque chose. Toutgouvernement légitime est républicain (a) : j’expli-querai ci-après ce que c’est que gouvernement.
Les lois ne sont proprement que les conditionsde l'association civile. Le peuple, soumis aux lois ,en doit être l’auteur; il n’appartient qu’a ceux quis'associent de régler les conditions de la société.Mais comment les régleront-ils ? Sera-ce d’un com-mun accord, par une inspiration subite? Le corps
(a) Je n’entends pas seulement par ce mot une aristocratieou une démocratie , mais en général tout gouvernement guidépar la volonté générale, qui est la loi. Pour être légitime, ilne faut pas que le gouvernement se confonde avec le souve-rain , mais qu’il eu soit le ministre : alors la mouarcliie elle-iiHnne est république. Ceci s’éclaircira dans le livre suivant.