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Tome I.
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DU CONTRAT SOCIAL

tro le tout et sa partie une relation‘qui en fait deuxêtres séparés, dont la partie est l’un, et le tout,moins cette meme partie, est l’autre. Mais le toutmoins une partie n'est point le tout ; et tant que cerapport subsiste, il n'y a plus de tout, mais deuxparties inégales ; d’où il suit que la volonté de Tunen'est point non plus générale par rapport à l'autre,

Mais quand tout le peuple statue sur tout le peu-ple, il ne considère que lui-méniej et s'il se formealors un rapport, c’est de l’objet entier sous un pointde vue à l’objet entier sous un autre point de vue,sans aucune division ,du tout. Alors la matière snvlaquelle on statue est générale comme la volonté quistatue. C’est cet acte que j'appelle une loi.

Quand je dis que l’objet des lois est toujours gé-néral , j'entends que la loi considère les sujets encorps et les actions comme abstraites, jamais unliomme comme individu ni une action particulière.Ainsi la loi peut bien statuer qu'il y aura des privi-lèges , mais elle n’en peut donner nommément à per-sonne; la loi peut faire plusieurs classes de citoyens,assigner même les qualités qui donneront droit à cesclasses, mais elle ne peut nommer tels et tels poury être admis ; elle peut établir un gouvernementroyal et une succession héréditaire, mais elle nepeut élire un roi, ni nommer une famille royale : enun mot, toute fonction qui se rapporte à un objet in-dividuel n’appartient point à la puissance législative.

Sur cette idée, on voit a l'instant qu’il ne fautplus demander à qui il appartient de faire des lois,puisqu’elles sont des actes de la volonté générale 5