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Tome I.
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LIVRE II.

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ne l’est pas moins par son emploi. Ce n'est pointmagistrature, ce n’est point souveraineté. Cet em-ploi, qui constitue la république, n’entre point danssa constitution ; c’est une fonction particulière et su-périeure qui n’a rien de commun avec l'empire hu-main ; car si celui qui commande aux hommes nedoit pas commander aux lois, celui qui commandeaux lois ne doit pas non plus commander aux hom-mes ; autrement ses lois, ministres de ses passions ,ne feroient souvent que perpétuer ses injustices ; etjamais il ne pourroit éviter que des vues particuliè-res n’altérassent la sainteté de son ouvrage.

Quand Lycurgue donna des lois a sa patrie, ilcommença par abdiquer la royauté. C’étoit la cou-tume de la plupart des villes grecques de confier ades étrangers rétablissement des leurs. Les répu-bliques modernes de l’Italie imitèrent souvent cetusage; celle de Genève en fit autant, et s’en trouvabien ( a ). Rome , dans son plus bel âge, vit renaîtreen son sein tous les crimes de la tyrannie, et se vitprête a périr , pour avoir réuni sur les mêmes tètesl’autorité législative et le pouvoir souverain.

(a) Ceux qui ne considèrent Calvin que comme théologiencommissent mal l’étendue de son génie. La rédaction de nossages édits, i laquelle il eut beaucoup de part, lui fait autantd’honneur que son institution. Quelque révolution que letemps puisse amener dans notre culte, tant que l’amour de lapatrie et de la liberté ne sera pas éteint parmi nous , jamaisla mémoire de ce grand homme ne cessera d’y être en béné-diction,