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Tome I.
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DU CONTRAT SOCIAL.

Cependant les décemvirs eux-mêmes ne s’arro-gèrent jamais le droit de faire passer aucune loi deleur seule autorité, a Rien de ce que nous vous pro-« posons , disoient-ils au peuple, ne peut passer enn loi sans votre consentement. Romains, soyez vous-» mêmes les auteurs des lois qui doivent faire votre» bonheur. »

Celui qui rédige les lois n’a donc ou ne doit avoiraucun droit législatif, et le peuple même ne peut,quand il le voudrait 9 se dépouiller de ce droit in-communicable , parce que , selon le pacte fonda-mental , il n'y a que la volonté générale qui obligeles particuliers, et qu’on ne peut jamais s’assurerqu’unc volonté particulière est conforme à la vo-lonté générale qu’après l’avoir soumise aux suffrageslibres du peuple : j’ai déjà dit cela; mais il n’est pasinutile de le répéter.

Ainsi l’on trouve à la fois dans l’ouvrage de la lé-gislation deux choses qui semblent incompatibles;une entreprise au-dessus de la force humaine, et,pour l’exécuter, une autorité qui n’est rien.

Autre difficulté qui mérite attention. Les sagescpii veulent parler au vulgaire leur langage au lieudu sien n’en sauraient être entendus. Or il y a millesortes d'idées qu’il est impossible de traduire dansla langue du peuple. Les vues trop générales et lesobjets trop éloignés sont également hors de sa por-tée : chaque individu ne goûtant d’autre plan degouvernement que celui qui se rapporte a son inté-rêt particulier, aperçoit difficilement les avantagesqu’il doit retirer des privations continuelles qu’im-

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