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Tome I.
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DU CONTRAT SOCIAL.

il n'appartient pas a tout homme de faire parler lesdieux, ni d'en être cru quand il s'annonce pour êtreleur interprète. La grande àme du législateur est levrai miracle qui doit prouver sa mission. Touthomme peut graver des tables de pierre, ou acheterun oracle, ou feindre un secret commerce avec quel-que divinité, ou dresser un oiseau pour lui parler àl'oreille, ou trouver d'autres moyens grossiers d’enimposer au peuple. Celui qui ne saura que cela pourramême assembler par hasard une troupe d’insensés 5mais il ne fondera jamais un empire, et son extrava-gant ouvrage périra bientôt avec lui. De vains pres-tiges forment un lien passager ; il n’y a que la sa-gesse qui le rende durable. La loi judaïque toujourssubsistante , celle de l’enfant d’Ismaèl , qui, depuisdix siècles, régit la moitié du monde, annoncent en-core aujourd’hui les grands hommes qui les ont dic-tées : et tandis que l'orgueilleuse philosophie ou l’a-veugle esprit de parti 11c voit en eux que d'heureuximposteurs, le vrai politique admire dans leurs in-stitutions ce grand et puissant génie qui préside auxétablissements durables.

Il ne faut pas, de tout ceci, conclure avec War-burton ( ¥ ) que la politique et la religion aient parminous un objet commun, mais que, dans l’origine desnations , l’une sert d'instrument à l’autre. (*)

(*) Célèbre théologien anglois mort en 1779, principalementconnu par un traité intitulé , La divine mission de Moïse , 2 vol.