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Tome I.
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LIVRE II

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posant les bonnes lois. Pour qu'un peuple naissant putgoûter les saines maximes de la politique et suivre lesrègles fondamentales de la raison d'état. il faudroitque l'effet pût devenir la cause ; que l'esprit social,qui doit être l'ouvrage de l'institution, présidtU àl'institution même ; et que les hommes fussent avantles lois ce qu'ils doivent devenir par elles. Ainsidonc le législateur ne pouvant employer ni la forceni le raisonnement, c’est une nécessite qu'il recoureà une autorité d'un autre ordre, qui puisse entraî-ner sans violence et persuader sans convaincre.

Voila ce qui força de tout temps les pères des na-tions de recourir à l’intervention du ciel et d'hono-rer les dieux de leur propre sagesse, afin que lespeuples, soumis aux lois de l'état comme à cellesde la nature, et rcconnoissant le même pouvoir dansla formation de l'homme et dans celle de la cité,obéissent avec liberté, et portassent docilement lejoug de la félicité publique.

Cette raison sublime, qui.s'élève au-dessus de laportée des hommes vulgaires , est celle dont le légis-lateur inet les décisions dans la bouche des immor-tels , pour entraîner par l'autorité divine ceux quene pourvoit ébranler la prudence humaine (u). Mais

(a) « K veramcnlc, dit Machiavel , mai non fu alcutio ordi-» nature di Icggi slraordinuric iu uu popolo, chc non ricor-u rcue à Dîu, jterche allrimenli non sarebbero arcctlate ;» perche sono molli béni conosciuti du nno prudente , i qtiali» non banno in se raggiuni evidenti «la poJrrgli persuader? ad» altrui- 9 Discorsi sopra Tito-Iâvio, liv. i , c. xi.